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Performer ses vacances… ou les vivre pleinement?


Les vacances sont souvent associées au plaisir, à la liberté et au repos. Pourtant, elles peuvent parfois devenir une période où l'on se met soi-même une pression subtile : celle de rentabiliser chaque journée, de multiplier les activités ou de revenir avec une longue liste de choses à raconter.


Et si les vacances étaient aussi l'occasion de sortir de nos automatismes et de revenir à ce qui est vraiment juste pour nous?


La pleine conscience peut devenir un précieux outil d'observation. Simplement, elle consiste à porter attention à ce qui se passe en nous, dans le moment présent, sans jugement. Elle nous permet de mieux identifier ce que l'on ressent avant de suivre un automatisme ou une habitude.


Par exemple, est-ce que je ressens une pression à l'idée de faire l'activité prévue d'avance? Un sentiment que ça ne me tente pas tant que ça, mais que je me convaincs qu'« il faut » parce que c'était déjà planifié? Est-ce que je ressens de la culpabilité à l'idée de changer d'avis? La peur de passer à côté de quelque chose? De regretter de ne pas y être allé? Ou encore, est-ce que je me juge parce que j'ai simplement envie de rester tranquille à lire un livre?


Comme si les vacances devaient absolument être remplies pour être réussies.

« Qu'est-ce que tu as fait pendant tes vacances? »


On se pose souvent cette question entre amis. C'est un automatisme, et on s'intéresse sincèrement à ce que l'autre a vécu. C'est un beau geste. Mais j'observe aussi que cette question peut parfois sous-entendre une douce pression que l'on peut tous se mettre un jour ou l'autre : celle où le faire prend toute la place.


Et si on n'avait « rien fait »? Est-ce qu'on ressent de la culpabilité? Est-ce qu'il devient inconfortable de le nommer? Est-ce qu'on se demande ce que les autres vont penser?

« Eux ont fait tellement d'activités… et moi, je me suis simplement reposé dans un chalet. Je ne suis pas allé faire de randonnée, ni de kayak, ni ceci, ni cela. »


Pourtant, si ce choix est réellement conscient et aligné avec notre véritable besoin, il sera souvent vécu avec légèreté et satisfaction. À l'inverse, si ce choix est guidé par une pression, qu'il va à l'encontre de ce dont notre corps ou notre cœur ont réellement besoin, il risque d'être beaucoup moins nourrissant.


Parfois, on peut aussi se dire : « Je le fais pour ne pas me sentir coupable. » Et c'est correct aussi.


Mon intention n'est pas de dire ce qui est bien ou mal, mais simplement de vous inviter à observer.


Un petit moment de pleine conscience

Avant de dire oui à une activité, prenez quelques instants pour vous arrêter.

Demandez-vous simplement :


  • Qu'est-ce que je ressens dans mon corps en ce moment?

  • Est-ce que ce choix part d'un « il faut » ou d'un « je veux »?

  • Si personne ne savait ce que j'ai fait de mes vacances, est-ce que je choisirais la même chose?

  • De quoi ai-je réellement besoin aujourd'hui?


Il n'y a pas de bonne réponse. Seulement des réponses plus conscientes.

C'est quand on assume nos besoins et nos choix qu'il devient plus facile de réellement s'écouter.


Et lorsque l'on se dit : « Je n'ai rien fait et ce n'est pas correct », j'apporterais une nuance.

Se reposer, contempler la nature, dormir, ralentir… ce n'est pas ne rien faire. C'est régénérer son corps. C'est le respecter lorsqu'il nous demande une pause. C'est parfois revenir de vacances réellement reposé et ressourcé, plutôt que fatigué d'avoir voulu tout voir, tout vivre et remplir chaque instant.


Bien sûr, on peut revenir satisfait d'avoir vécu une foule d'expériences. Mais est-ce que notre corps a parfois été mis de côté? Comment se sent-il, au fond?

Juste l'observer, c'est déjà beaucoup.


Il est aussi important de bien nuancer. Parfois, remplir ses vacances d'activités nous stimule profondément, répond à nos besoins et est parfaitement aligné avec qui nous sommes. Il n'existe pas de formule universelle. Chacun porte ses propres réponses à l'intérieur de lui.


Il suffit parfois de ralentir quelques instants et d'observer nos sensations physiques lorsque vient le temps de faire un choix. Est-ce de la joie, de l'émerveillement, de l'élan? Ou plutôt un « ouf… », une petite grimace, un serrement dans la poitrine, un soupir?


En conclusion

Je vous souhaite des moments de pause, loin du « il faudrait faire » ou du « il faudrait voir », afin de ressentir ce que vous voulez vraiment, sans que le mental prenne toute la place, mette de la pression ou vous pousse à en faire toujours plus.

Et si vous réalisez finalement que vous vivez des vacances bien remplies, mais que c'est un choix pleinement conscient et qu'il nourrit réellement vos besoins, c'est absolument parfait.


Il y a une forme de paix lorsque l'on choisit consciemment, plutôt que lorsque l'on agit par automatisme.

 
 
 

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